Personnage

LE PERSONNAGE ET SES DÉMONS

Nous avons tous nos démons intérieurs. Certains d’entre nous plus que d’autres. Avec l’âge et nos expériences, nous pouvons en conquérir quelques uns. Et il y en a quelques uns aussi que nous emportons avec nous définitivement.
Ces démons intérieurs participent au flux et reflux de nos vies. C’est ce que nous appelons les hauts et les bas.

Il faut bien accepter que dans notre environnement immédiat, peu se soucie de ce qui a pu se passer dans nos vies. La nature humaine est foncièrement égoïste et le respect que nous devons aux autres est d’abord une convention sociale. Mais notre passé est définitivement derrière qui nous sommes et ce que nous faisons.
La persona, l’image que nous voulons renvoyer aux autres, est surtout une recherche de l’estime d’autrui ou alors parce que nous voulons que les autres nous jugent et éprouvent des sentiments envers nous tels que nous souhaitons les communiquer.
Il faut un certain savoir-faire pour comprendre la psychologie derrière les personnalités et actions que nous faisons. Peu en sont capables. Cela est ainsi dans la vie réelle.
Mais bien que la fiction est une copie de la réalité, nous n’écrivons pas la vraie vie. L’auteur est plutôt en marge de la réalité. La série Dexter le démontre de façon assez saisissante.

Observation et introspection

L’auteur peut pointer dans son écriture ses propres démons intérieurs de par ses expériences et il observe aussi autrui se battre avec leurs propres problèmes. C’est ainsi qu’il peut apporter dans ses écrits ce qu’il y a de plus sombre dans la nature humaine et partant, donner cet aspect dramatique à son œuvre.
Pour que la communication passe entre lui et son lecteur, ce dernier a cependant besoin d’être informé des causes qui poussent les personnages à agir comme ils le font.

Cette illumination du passé des personnages donne de la profondeur à l’histoire. Non pas comme une simple information mais comme l’explication de notre capacité à gérer nos problèmes. Les motifs qui expliquent les comportements d’un psychopathe (même considéré comme un archétype) ne sont pas si différents de ceux que nous infusons dans notre propre esprit (consciemment ou non).
Seulement le personnage de fiction les traite de façon bien plus exagérée et souvent de manière extrême. Un personnage devrait être bien plus grand que la vie pour retenir l’attention d’un lecteur.

Cela signifie que l’auteur n’a nullement nécessité d’inventer des intériorités étranges pour créer ses personnages. Il peut choisir parmi quelques standards facilement reconnaissables par le lecteur. Ce qui compte et différencie son personnage de tous les autres est qu’il gérera les choses d’une manière singulière. C’est en cela que la nouveauté et l’originalité se situent.
Et cette façon unique est la matière même de l’arc dramatique.

Et quels sont ces standards ?

La lâcheté, l’égocentrisme, l’addiction, les peurs, la vanité, l’arrogance, la haine, le ressentiment, les préjugés, le manque de confiance en soi, la bêtise ou un don, un héritage (matériel ou immatériel), la pauvreté, l’ignorance, une insensibilité, de la naïveté, une morale fourvoyée, une déviance sexuelle… En général, un démon personnel peut être n’importe quel aspect de notre personnalité qui ne s’accorde pas aux expectations d’autrui (ou aux canons sociétaux en vigueur dans l’univers fictif de l’histoire).
Ce monde fictif possède ses propres règles et limites entre lesquelles les personnages sont astreints à une certaine conformité. Traditionnellement, le personnage principal sera en porte-à-faux avec les règles ce qui ne laisse pas de le placer sous l’opprobre publique. Les opinions ont la vie dure.

Et similairement, dans un monde post apocalyptique où tuer ou être tué est la règle, on accepte totalement que le héros massacre quiconque croisant son chemin.

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