ACTE TROIS : SYNTHÈSE DE CE QUE L’AUTEUR SAIT

L’auteur a appris à connaître ses personnages en inventant une biographie pour chacun d’eux avant même le processus d’écriture. Il sait quels seront les problèmes qu’ils auront à résoudre.
Donc, logiquement, il sait à peu près quelles seront les scènes qui lui permettront de conclure son histoire.
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LE FONDEMENT DE VOTRE PERSONNAGE

Les personnages sont l’élément vital de votre scénario. On les suit tout au long de l’histoire pour savoir ce qui va leur arriver.
Non pas par curiosité.
Mais parce que nous nous préoccupons d’eux.

Un personnage bien développé attire immanquablement sur lui une empathie de la part du lecteur. C’est précisément cette empathie qui crée cette attirance envers un personnage.

Si votre personnage est creux, unidimensionnel, vous n’accrocherez pas le lecteur sur sa personne et frustré, il ne se donnera certainement pas la peine de continuer à lire votre histoire.
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UNE VOIX ORIGINALE : PRÉCISIONS

Qu’est-ce qu’une voix originale ? ou en d’autres termes qu’est-ce qu’un scénario qui a quelque chose à dire ?
C’est un peu vague mais cependant, c’est une considération dont il faut tenir compte avant de se mettre à écrire.

D’abord, un scénario est un outil destiné à la créativité de corps de métier qui ne se servent pas des mots pour exprimer leur art. Le format spécifique d’un scénario ne le rend pas non plus facilement accessible à tous les lecteurs.

Par ailleurs, le fait qu’il se conjugue au présent et qu’il utilise un langage relativement simple pour décrire visuellement l’action (et le bruit qu’elle génère) en facilite la lecture.
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LA FEMME QUI VOULAIT ÊTRE HEUREUSE

Johann, 25 ans tout juste sorti d’un séjour psychiatrique part à la recherche d’une femme mystérieuse dont il est tombé amoureux et accepte une mission aux funestes conséquences.

Je m’appelle Didier Bion, je suis natif du Havre et y réside. Je suis l’auteur du scénario qui a donné naissance à ce projet que j’ai mis en scène.

Mes intentions, mes envies, mes espoirs

L’actualité est émaillée de nombreux événements montrant l’impuissance de notre société à prendre en compte la parole des femmes victimes de violences subies au quotidien. C’est la thématique sous-jacente du récit.

Mon scénario n’est pas un pamphlet. Il s’écarte résolument d’un traitement sociétal et place son angle de vue à hauteur d’individus qui souffrent, le plus souvent en silence, de ne pouvoir extérioriser et faire entendre leur parole. Car c’est de difficulté à trouver l’écoute et libérer cette parole qu’il s’agit dans cette histoire. 

Mes 2 protagonistes veulent se reconstruire à travers des chemins très différents: Johann aspire à extérioriser un sentiment de culpabilité qu’il traîne depuis l’adolescence pour passer enfin à autre chose alors que Sarah, victime directe de violence n’y croit plus et a une toute autre approche de la question. Et c’est de la manière dont ces 2 êtres cabossés et seuls vont s’y prendre pour s’apprivoiser qu’il est question dans cette fiction de 60 minutes.

Les dialogues sont distribués avec parcimonie, les mots sortent difficilement et font souvent mal, les postures sont maladroites.

Accrocher les regards, relier les paroles, exprimer l’indicible et se mettre en abîme

 Ils sont 2, seuls au monde, mais ils sont liés parce qu’ils portent en eux des fardeaux communs. Des blessures cachées pour l’un, une souffrance qu’on a refusé d’entendre pour l’autre. Ils acceptent le hasard de la rencontre, s’observent dans un espoir de trouver peut-être enfin une écoute et tout faire remonter à la surface.

Leur psyché est déconnectée de la réalité qui les entoure et ils sont condamnés d’avance. Mais le sont- ils vraiment puisqu’ils vont se trouver au bout du compte ?

4 personnages pour raconter cette histoire ou règnent en maître les faux semblants

Johann est fragile avec une profonde aversion pour la violence physique qu’il porte en lui néanmoins en raison de son passé. Il incarne en contrepoint le jeune amoureux maladroit en quête d’une relation absolue tel un Antoine Doinel ou un chevalier de légende Arthurienne.

Sarah est emmurée dans son passé. La personnalité de Johann parvient à lui faire baisser sa garde et se confier. Mais pour quel dessein ? Et le prix à payer qu’elle lui demande pour atteindre l’apaisement est lourd de conséquences.

Sébastien, l’ami d’enfance de Yohann, est le plus pragmatique : il ressent intuitivement les failles de Johann et met tout en œuvre pour le ramener à la réalité mais il lui manque des pièces pour compléter le puzzle du passé trouble de son ami.  

L’homme du tramway demeure l’énigme de cette histoire : l’intrigue révèle peu de choses sur ce qui le rattache à la jeune femme mais ces deux là semblent clairement liés. Seul son comportement en fait l’antagoniste. Il constitue dans la psyché de Johann l’archétype de la brutalité masculine. Mais l’est-il vraiment  et restera t’il l’antagoniste de Johann jusqu’au dénouement ?

Didier Bion

L'art de conter en images.