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MONTRER L’INTÉRIEUR DU PERSONNAGE

Lorsque vous avez dessiné les contours d’un personnage en lui assignant les attributs (qualités et défauts) qui le rendent unique dans une histoire, il faut pouvoir communiquer effectivement ses traits de personnalité au lecteur.
Efficacement implique que l’auteur soit devenu familier avec tous les aspects de son personnage qu’il souhaite évoquer dans l’esprit du lecteur.

Particulièrement sensible lorsqu’il s’agit d’un scénario, montrer ces attributs en action, concrètement, est préférable à simplement signaler (par exemple, deux personnages qui discutent sur un troisième personnage absent) telle ou telle caractéristique d’un personnage (information néanmoins nécessaire pour la compréhension de l’histoire).
Bien sûr, montrer les choses est plus difficile que simplement poser quelques mots. Cependant, lorsqu’un lecteur est le témoin d’un comportement ou d’une attitude, cela renforce le lien qu’il pourrait nouer entre lui et le personnage.

Éviter la distanciation

Dire les choses crée une séparation. Lorsqu’on lit un fait divers dans un journal qui se contente d’énoncer froidement les choses comme par exemple :
Une voiture a forcé un passage à niveau. Deux blessés graves.
on ne parvient pas à s’impliquer dans la scène.

Par contre, en décrivant le même événement par les détails qui lui donnent une existence tangible comme de préciser que le train approchait de telle gare et le couple dans la voiture se disputait, que le conducteur a aperçu trop tard le signal du passage à niveau… puis la description de la brutalité du choc, cela permet au lecteur de dépasser la simple position d’observateur.
Par l’auteur interposé, il devient un témoin privilégié de la scène.

Entendre parler de cet événement peut susciter un certain intérêt mais cela ne sera pas suffisant pour impliquer émotionnellement le lecteur dans la scène. Il faut lui permettre d’imaginer ce qui se passe pour qu’il ne soit pas qu’un simple observateur.

Les attributs régissent l’action

Par exemple, Forrest Gump reste fidèle à Jenny au-delà de la fragilité de la jeune femme et de ses nombreuses disparitions. On en infère que Forrest est un être doté d’une loyauté immense (que l’on trouve aussi dans sa relation avec le lieutenant Dan Taylor).

Et cette facette de la personnalité du personnage le rend aimable aux yeux du lecteur. Lorsqu’un personnage adopte des comportements, des postures, des attitudes invariablement, on est alors en mesure de comprendre les traits de sa personnalité et quel type de personne il est.

Les habitudes aussi révèlent une personnalité. Il s’agit d’un comportement propre à chacun. Une sorte d’idiosyncrasie. Le capitaine Jack Sparrow arbore un maquillage particulier autour des yeux, les ondulations de sa voie, sa démarche chaloupée et l’agitation incessante de ses mains, tout désigne un personnage haut en couleurs, flamboyant.

Ces petites manières qui s’exposent ainsi sont aussi très utiles pour révéler l’individualité d’un personnage. Même les plus petites peccadilles peuvent dire beaucoup sur la vraie nature d’une personne.

Les relations dévoilent la personnalité

La personnalité d’un personnage peut prendre vie dans ses relations aux autres. On a tous des préjugés, des préférences, des choses qu’on aime et d’autres que l’on n’apprécie guère. Les personnages ne sont pas différents. Cet aspect de nous-mêmes s’appliquent probablement inconsciemment dans nos relations.

Ces différences qui rendent pourtant les gens uniques peuvent causer du conflit, générer de la tension. Deux personnages avec des traits de personnalité quelconques peuvent néanmoins mettre en place des situations conflictuelles. Pour le plus grand bien de la dramaturgie.
En opposant votre protagoniste à des personnages qui ont leurs propres attributs et leurs propres failles, vous parviendrez assez aisément à communiquer au lecteur des traits spécifiques de la personnalité de votre héros.

Par ailleurs, on dit souvent que lorsque l’on souhaite connaître quelqu’un, c’est bien plus facile de demander à ceux qui lui sont proches plutôt qu’à l’intéressé lui-même. Ainsi, d’autres personnages peuvent mettre en valeur certaines caractéristiques du héros.
Parce que celui-ci est plus confortable avec ceux qu’il considère comme des amis. Il est plus enclin à se laisser aller. Et il agit avec eux plus en conformité avec sa véritable nature. Il ne convoque aucune persona dans ce type de relations.

Révéler un personnage par la perception qu’a autrui de lui est une bonne technique de narration. C’est un moyen de traverser la persona du personnage et d’apprendre ce qu’il est vraiment.

L’intériorité

Si l’on présuppose qu’un personnage se ment à lui-même concernant sa véritable nature, on peut admettre qu’en tentant de masquer ses failles, il pourrait agir comme s’il possédait certaines forces qui ne sont pas siennes.
Il peut vouloir aussi prendre comme modèle des personnages qu’il admire mais cette émulation qui lui fait suivre des règles et des normes qui ne sont pas les siennes cache en réalité une nature très différente.

Crise et prise de décisions

En temps de crise, les enjeux s’élèvent et l’émotion filtre à travers tous les pores des personnages. Dans une telle situation, un personnage n’a plus les moyens de dissimuler. Il agit à l’instinct ou à l’intuition ce qui fait résonner sa nature profonde.

Si l’un des compagnons du héros serait mordu par un zombie, le héros sans hésiter coupera la main de son compagnon. Cette réponse instinctive révèle chez le personnage une détermination à toute épreuve, ne fuyant pas les risques et ne cédant pas à la peur.

Par ailleurs, lorsqu’un personnage doit faire un choix, un facteur vient s’ajouter à la prise de décision : la durée. Il est permis au personnage de prendre son temps, de peser le pour et le contre et de décider entre ce qui est bien ou mal.
Dans Alien, le 8° passager, Ripley a le choix entre laisser son compagnon entrer dans le vaisseau bien qu’il y ait un gros risque de contamination mais aussi une chance de lui sauver la vie.
Soit elle obéit au règlement et le confine à l’extérieur ce qui équivaut pour le malheureux coéquipier à une mort certaine.

Ripley ne cède pas à la panique de l’urgence. Et elle prend sa décision de manière réfléchie. Nous pouvons inférer de ce comportement qu’elle est certes une femme prudente mais aussi sensible. Et surtout qu’elle ne se laisse pas influencer (c’est d’autant plus évident que c’est Ash qui prend la décision d’ouvrir l’écoutille).
Le lecteur peut apprendre beaucoup d’un personnage non seulement par les choix qu’il fait mais aussi par le mode opératoire qu’il met en place pour prendre ses décisions.

L’arc dramatique du personnage

L’arc dramatique consiste pour le héros à apprendre à surmonter ses faiblesses (du moins celle qui le brime sérieusement dans son évolution). Classiquement, les faiblesses les plus fortes ne résisteront pas à la prise de conscience progressive du protagoniste à travers son aventure.
Dans le même temps, ses qualités les plus positives ne changeront pas. S’il y a un prix à payer pour que le héros change son point de vue sur le monde, ce n’est pas au détriment de sa personnalité. Les traits les plus positifs  restent immuables.

En s’assurant que les traits les plus positifs de son héros sont consistants tout au long de l’histoire, il les renforce. Ainsi, il est donné au lecteur la possibilité de voir le héros mettre en avant les traits les plus positifs de sa personnalité tout en luttant contre ses faiblesses.
Ce qui est autant d’indices révélateurs sur le personnage.

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