Lorsque l'idée devient concept

LORSQUE L’IDEE DEVIENT CONCEPT

Lorsque vous pensez posséder un concept, la succession des scènes, l’ordre des nœuds dramatiques (en un mot la narration) devraient exposer les réponses que vous apportez à ce concept.

Une idée est un point de départ. Cependant, elle devrait nourrir des questions conceptuelles.
Ecrire sur l’Irlande, par exemple, est une bonne idée qui porte des promesses. Mais vous n’avez pas encore un concept.
Décrire une romance impossible avec en toile de fond l’IRA dans les années 1970 devient un concept (Cal de Bernard MacLaverty).

Une idée seule ne suffit pas à transporter une histoire. Une idée est l’occasion pour faire des recherches sur une possible histoire.

Le concept exige des conventions

Il s’inscrit dans un genre. Celui-ci est défini par ses conventions. Un mystère, par exemple, est essentiellement une histoire sur un meurtre qui doit être résolu.

Ensuite, il faut ajouter une mise en situation qui accrochera le lecteur. Ce dernier n’est pas encore ancré dans l’histoire. Il y parviendra en s’identifiant au héros.
Mais la description des circonstances dans lesquelles l’histoire se déroulera peut déjà retenir son attention.

Il faut ensuite un obstacle majeur qui barrera la route au personnage principal. Sans cet obstacle à surmonter, le héros ne sera pas intéressant à suivre.

Et pour que le lecteur puisse s’ancrer dans l’histoire, c’est-à-dire d’une certaine manière y participer, il est nécessaire que l’auteur parvienne à créer un lien empathique entre le lecteur et son héros.

Voir à ce sujet :
JOHN TRUBY : SUR LA FAIBLESSE DU PERSONNAGE

Qu’est-ce que votre concept implique ?

Quelles sont ses promesses ? Comment  commence-t-il à définir une histoire en devenir pleine de l’énergie d’une tension dramatique ?

Qu’est-ce que votre héros peut-il vouloir ou désirer dans le cadre conceptuel issu de votre idée ? Et pourquoi le veut-il  ?
Qu’est-ce qui va venir s’opposer à ce désir et continuer de faire sens avec votre concept ?

La prémisse

Il faut distinguer entre l’idée, le concept et la prémisse.
Le mouvement pourrait se réduire à une idée qui mène à un concept.
Et ce dernier contient le premier élément dramatique : la prémisse.

Le concept est porteur d’une tension dramatique. La prémisse advient lorsque vous ajoutez un personnage au concept.

Considérons Da Vinci Code.

L’idée

Le point de départ de cette histoire pourrait se formuler de plusieurs manières. Essayons celle-ci :
Une histoire sur une vérité religieuse basée sur certains mythes encore vivaces de nos jours dont l’appartenance supposée de Leonard De Vinci à une secte mystérieuse.

Cette idée tend déjà vers un concept car elle présuppose un conflit entre des systèmes de croyances forts.

Le concept

Le concept est issu d’un brainstorming en employant la méthode du Et si… ? qui permet d’envisager de nombreuses possibilités.
Y compris à partir de faits historiques.

Et si le Christ n’avait pas péri sur la croix et que l’Eglise ait caché la vérité pour asseoir son autorité ? Et si, depuis, des personnes s’approchant trop de la vérité étaient assassinées par une secte mystérieuse d’assassins se perpétuant à travers les siècles ?

Vous constaterez qu’il n’apparaît aucun personnage en particulier dans ce concept. Seul la tension dramatique suinte et ainsi la possibilité d’une histoire.
Gardez à l’esprit qu’une idée est contingente. Tant que vous ne parvenez pas à énoncer un concept, il n’y a pas d’histoire possible.

La prémisse

Une histoire à propos d’un éminent spécialiste de l’étude des symboles appelé à interpréter des indices sur une scène de crime. Cela va le mener à la découverte de connexions qui impliquent des pouvoirs très influents. Sa vie sera en danger alors qu’il s’approche de plus en plus de la vérité et des personnages impliqués qui s’avèrent être à des positions très élevées de l’Eglise catholique elle-même.

Ici, la prémisse est particulièrement développée car elle illustre une réflexion assez poussée.
Lors de vos recherches, vous pourriez passer par des étapes plus générales avant d’aboutir à une telle synthèse.

Concernant la prémisse :

TESTER SON IDEE
SYD FIELD : CONSTRUCTION DU PERSONNAGE
PERSONNAGES : LES GRAINES DE LA CREATION
BREVE DEFINITION DE LA FICTION
L’INSPIRATION
L’ARC DRAMATIQUE ET LES FAIBLESSES

Dans cette exemple, vous noterez que la prémisse est arc-boutée sur un personnage avec quelques thèmes assez puissants.
Tant que le concept n’est pas lié à un personnage, ce ne sera pas réellement une histoire.

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WilliamCine7 Auteurs de commentaires récents
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Bonjour William, Je profite de cet excellent article (dont l’extrême pertinence confirme toute la richesse de ton site Scenarmag), pour te souhaiter une belle rentrée qui décidément, s’annonce comme de coutume sous les meilleurs hospices. Perso, mon été a été studieux, consacré en grande partie à l’adaptation d’une nouvelle (du domaine public). J’en ai plus appris qu’attendu. Un vrai stage pratique grandeur nature ! Je tenais à me débrouiller tout seul sans support (sans autre apport que les acquis, histoire aussi de les évaluer) et j’ai notamment réussi à plancher sur la structure interne (l’arc transformationnel ou dramatique, selon chacun… Lire la suite »