Genre

GENRE : QUESTION DE CONVENTIONS

Une fiction est souvent catégorisé en genres. Il existe les genres classiques (romance, thriller, horreur…) puis d’autres penseurs ont élaborés leurs propres catégories tel Blake Snyder.
Un genre s’étudie de différentes façons. On peut à juste titre considérer qu’en lui-même un genre, sorte de contrat entre un auteur et un lecteur, ajoute à la fiction une prévisibilité décriée par certains mais parfois nécessaire pour assurer le succès commercial d’une œuvre.

Conventions

Pratiquement, il est bon de comprendre le genre par ses conventions. Simplement parce qu’il est plus simple de transmettre un message clairement et distinctement en jouant avec les conventions.

Une convention est une compréhension tacite entre un auteur et un lecteur. Par exemple, dans le genre horreur, l’usage de la Pathetic Fallacy qui consiste à attribuer à la nature des sentiments humains.
Ombres et lumières vacillantes suggèrent que quelque chose de mauvais est sur le point de se produire.

La convention provoque une réponse émotionnelle chez le lecteur. Son universalité fait penser qu’il s’agirait d’un archétype profondément enfoui dans la psyché du lecteur et de l’auteur.
C’est une sorte de raccourci que l’auteur utilise pour signifier, sans alourdir le script de dialogues ou de scènes superflus. Avec des lumières qui se mettent soudain à vaciller se crée aussitôt dans l’esprit du lecteur une attente, une anxiété sur l’imminence d’un danger.

Le genre : un choix préalable

Il est important que votre compréhension et évaluation d’un genre correspondent à votre intention. Un genre est une forme qui donne à l’histoire une atmosphère.
Le genre prédispose le lecteur envers une histoire.

L’auteur doit être conscient des éléments clefs qui identifie le genre. Il s’interroge sur la façon dont il doit les interpréter pour les inclure dans les scènes qu’il écrit. Cette analyse du genre doit le mener vers des idées de modelage de la matière filmique avec des conventions spécifiques à un genre.

Cependant, utiliser un motif universel pour signifier ne consiste pas à imiter servilement ce que d’autres auteurs ont écrit. Pour rester dans l’horreur, ce n’est pas parce que vous introduisez un manoir à l’aspect gothique que vous allez sombrer dans le plagiat.

Votre créativité ou votre intuition vous inspirent des lieux gothiques mais la signification que vous donnerez à ces lieux sera toute relative à votre histoire, à votre intrigue ou à votre thème.
Et surtout à votre voix.

Exemple d’analyse de genre : le thriller

La nature des problèmes rencontrés

Dans un thriller, le héros rencontre des problèmes qu’il ne peut résoudre en ayant recours aux institutions. Les autorités ou un psychiatre ne lui sont d’aucun secours.
Jack Gittes dans Chinatown est face à une affaire de corruption qui implique la compagnie des eaux. C’est une sorte de lutte du pot de terre contre le pot de fer, un motif que l’on retrouve dans les conventions du film noir.

Une autre convention du thriller est le poids du passé qui hante un personnage. C’est un problème personnel, intime dont le personnage ne peut se départir. C’est d’ailleurs cela qui en fait tout son charme. Bien sûr, il ne peut s’agir du personnage principal qui est appelé à changer au cours de l’histoire.

Un problème global

Dans les thrillers, le problème du héros ne s’attarde pas sur sa seule personne. La menace porte sur sa famille, sa communauté.
Cette menace est au cœur de ce qui est en jeu et doit être introduite dès l’acte Un.

En d’autres mots, l’enjeu pour le héros doit être rapidement compris par le lecteur.
Dans Piège de cristal, ce n’est pas tant la libération des otages qui occupe John McClane mais c’est que parmi ceux-ci figure sa femme.
Quant à Robert Towne et Roman Polansky, les enjeux pour Gittes sont bien supérieurs à ce qu’il imagine et à ce que croit savoir le lecteur.

Une résolution dramatique

La résolution du problème du héros implique un degré de violence, d’illégalité, de savoir-faire et bien entendu une action dramatique.

Il faut cependant que ces actions, que la tournure des événements restent plausibles en regard de la personnalité des personnages.
La mort de Evelyn dans Chinatown fait partie de ces conventions certes dramatiques mais qu’inconsciemment, le lecteur attend dans un thriller.

Un thriller se termine rarement sur un Happy Ending.

Le thriller politique

Ce sous-genre du thriller illustre des personnages qui doivent se mettre eux-mêmes au ban de la société s’ils veulent sauver ladite société. Ils doivent se montrer aussi impitoyables et aussi capables que leurs adversaires.

Ce qui les différencie de leurs adversaires sont les valeurs qui animent les uns et les autres. Ce sont des valeurs que le lecteur peut comprendre, accepter et même admirer chez ces personnages même s’il ne les partage pas.

Les hommes du président ou Les trois jours du condor embarquent des conventions du Political Thriller.
Concernant Les trois jours du Condor, Joe Turner développe des capacités qu’il n’a pas naturellement mais qu’en tant qu’analyste à la CIA, il ne fait qu’appliquer ce qu’il a lu au cours de ses recherches.
Ainsi, pour sa survie, il n’est pas désavantagé par un manque d’entrainement et peut répondre à ses adversaires.

Un désastre au cœur de l’intrigue

Les personnages conventionnels (ce qui ne signifie pas qu’ils soient stéréotypés) sont soit isolés de leur communauté ou le seront s’ils échouent.

En d’autres mots, l’enjeu est la mort s’ils ne parviennent pas à accomplir leurs buts.

Le désastre ou une catastrophe peut se présenter différemment. S’il est naturel, il intervient au début de l’histoire. L’intrigue portera alors sur qui survivra et comment il en vient à survivre.
Un autre motif est de démontrer comment ou si les personnages pourront éviter le désastre.

Des personnages complexes

Plus que dans tout autre genre, les personnages sont particulièrement complexes dans le thriller. S’ils ne le sont pas, l’auteur doit avoir de bonnes raisons pour qu’il en soit ainsi.

Ils doivent posséder des motivations sérieuses et plausibles pour prendre des risques extrêmes et ils doivent pourtant répondre aux événements avec des réactions humaines crédibles.

Et comme pour tous les personnages que l’on rencontre dans les histoires, ces réactions auront une cause morale, c’est-à-dire qu’elles sont issues de leurs personnalités.
De plus, leurs actions et réactions nous éclairent sur ces personnalités. C’est par ce qu’il fait que nous apprenons à connaître un personnage.

Sauver le monde !

Du moins, le but du protagoniste est de sauver ou de restaurer une communauté menacée. Il est rare dans les thrillers de rencontrer un héros créant une toute nouvelle communauté. Dans un certain sens, le thriller est politiquement conservateur puisqu’il s’agit de retrouver un équilibre perdu.

Mais selon l’intention de l’auteur, on peut peut-être aussi déceler une certaine ironie à vouloir restaurer une société telle qu’elle était.

Passif au début

Habituellement dans les thrillers, le personnage principal est assez passif au début de l’histoire. Il subit les événements. Il ne fait que réagir aux événements sans jamais prendre d’autre initiative.

Mais il se produira un moment où le héros prendra son problème à charge. Il embarque dans des mesures destinées à mener la charge ou du moins à surmonter les obstacles. A partir de ce moment, l’intrigue peut véritablement avancer.

Un arc qui mène à la connaissance

L’évolution du protagoniste dans l’histoire (aussi connu comme arc dramatique) consiste pour le personnage de thriller à passer d’un état d’ignorance à la connaissance.
C’est en cela qu’il devient meilleur. En fait, il devient plus sage, empli d’une sagesse qu’il acquiert (car ce n’est pas inné) à travers d’intenses et importants conflits.

Cet arc mène au climax car il est bon au préalable de la confrontation finale que le protagoniste ait résolu d’abord son problème personnel, interne.
Puis à la résolution de l’histoire.

Le climax

Au climax, le protagoniste connait ses faiblesses mais aussi ses qualités. Il a acquis une toute nouvelle compréhension du monde.

En fin de compte, c’est le lecteur qui a atteint cette connaissance.

Le climax peut créer une toute nouvelle perspective sur les événements de l’histoire ou sur les valeurs des personnages.
Un meurtre peut se révéler avoir été futile, une trahison peut faire jour.

Cependant, il faudra préparer le lecteur tout au long de l’histoire par des indices afin que la transformation du personnage reste logique et crédible.
Un personnage qui a une tendance au suicide, il est logique qu’il tente de se suicider. Cette tendance est montrée au cours de l’histoire. Mais il ne serait pas logique qu’un personnage se suicide si aucun indice n’avait été donné au préalable sur la survenue possible de ce drame personnel.

Pour compléter la lecture de cet article, nous vous conseillons la page que nous avons consacré à 
Blake Snyder

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