Dramatica

DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (55)

Nous concluons avec cet article la traduction annotée du chapitre 13 de la théorie narrative Dramatica.

Nous avons abordé précédemment la notion des lignes dramatiques et celle des classes. Ce chapitre 13 explique le rapport que les lignes dramatiques entretiennent avec chacune des classes.

Sommaire de tous les articles :
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE

Le domaine de la Subjective Story

Concernant le concept de Subjective Story, nous vous renvoyons à 
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉ (3)

Ainsi que 
DRAMATICA : LES ÉLÉMENTS DE STRUCTURE

Le domaine de la Subjective Story est l’espace de l’argument passionnel de l’histoire. C’est dans cet espace que l’auteur crée de la signification pour l’évaluation émotionnelle du lecteur pour le message de l’histoire.

La Subjective Story est placée sur la relation entre le personnage principal et l’Influence Character. Comme le personnage principal et l’Influence Character sont par définition en contradiction l’un avec l’autre, le domaine de la Subjective Story forme le contexte contre lequel cette contradiction entre eux deux se manifeste.
En conséquence, choisir une classe comme domaine de la Subjective Story affecte comment l’histoire sera ressentie par le lecteur.

La classe Universe comme domaine de la Subjective Story

Lorsque la classe Universe est le domaine de la Subjective Story, le personnage principal et l’Influence Character sont en désaccord ou en conflit dans le cadre d’une situation qui existe entre eux.
Cette situation peut être un contrat de mariage ou bien le cadre d’un partenariat. Ce peut être une relation au sein d’une chaîne de commandement ou n’importe quelle sorte de relation au sein d’une hiérarchie.
Ce pourrait même être un conflit dans les soins à apporter à un invalide. Puisque cet invalide incarne la situation dans laquelle sont projetés les deux personnages en conflit.

Pour illustrer correctement le domaine Universe de la Subjective Story, il faut créer une situation qui est principalement limitée par une relation quelconque mais qui implique les quatre types de la classe (Past, Present, Progress et Future).

Concernant ces quatre types, nous vous renvoyons à :

  1. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (31)
  2. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (33)
  3. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (34)
  4. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (35)
  5. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (36)
Rappel des définitions de Dramatica :

Dans chaque histoire pour qu’elle soit complète, il existe quatre lignes dramatiques qui doivent être explorées :

  • La ligne dramatique de l’Objective Story
  • La ligne dramatique du personnage principal
  • La ligne dramatique de l’Obstacle (ou Influence) Character
  • La ligne dramatique de la Subjective Story

Chaque ligne dramatique est illustré par un contexte dans lequel les conflits soulevés par l’histoire seront explorés.
Il existe quatre contextes ou classes :

  • La classe Universe
  • La classe Mind
  • La classe Physics
  • La classe Psychology

Ces classes peuvent être considérées comme

  • Situation (pour la classe Universe)
  • Activity (pour la classe Physics)
  • Manipulation (pour la classe Psychology)
  • Fixed Attitude (pour la classe Mind)

Situation décrit un environnement (ou un monde, ou un contexte) dans lequel les conflits surviennent du seul fait de cet environnement.
Cet environnement est extérieur aux personnages et ceux-ci sont en quelque sorte englués dans ce contexte. Tout comme nous-mêmes dans la vie réelle sommes englués dans une réalité qui nous est extérieure.

Activity décrit une activité particulière à l’intérieur de l’environnement. C’est aussi quelque chose d’extérieure aux personnages qui sont engagés dans une activité dont ils ne maîtrisent pas l’issue.
Le résultat d’une action n’est jamais déterminé.

Fixed Attitude décrit comment peuvent survenir des conflits lorsque des idées s’opposent. Ce peut être des obsessions ou encore des préjugés, des tendances, des inclinations qui vont s’affronter.
Comme si chaque détenteur de sa propre vérité veut l’imposer à un autre qui détient une vérité contradictoire. Et chaque camp défend sa position.

Manipulation décrit les conflits qui surviennent à la suite d’une joute mentale où il y a véritablement une manipulation d’autrui. A l’origine de cette joute, il peut y avoir aussi un personnage ou une entité dont le raisonnement est déréglé.

Chaque ligne dramatique peut être de l’une quelconque de ces quatre classes.
Considérons que le sujet de l’histoire est la guerre.
Pour développer pleinement une histoire à partir de ce sujet, les quatre lignes dramatiques doivent être examinées.
Prenons par exemple la ligne dramatique de l’Objective Story. Elle peut être traitée selon l’une des quatre classes :

Situation

L’histoire décrit un siège. Un groupe de personnages appartenant à une faction est piégé dans une forteresse assiégé par une autre faction. Lorsque le siège est terminé c’est-à-dire lorsque la situation est résolue, l’histoire est terminée.

Activity

Deux factions ennemies s’affrontent. C’est le cas dans le tout premier Star Wars. Et lorsque cet affrontement cesse, l’histoire est terminée.
Gardez à l’esprit que vous ne pouvez pas avoir deux classes pour une même ligne dramatique. Vous ne pouvez mettre en avant pour l’Objective Story à la fois Situation et Activity. Soit vous décrivez une situation, soit une activité particulière qui définit le contexte de l’histoire.

Fixed Attitude

Les factions ennemies combattent au nom de leurs idéologies respectives. Les lilliputiens des Voyages de Gulliver sont en guerre avec leurs voisins parce qu’ils ne sont pas d’accord sur le meilleur moyen d’ouvrir un œuf.
Lorsque le désaccord cesse entre les factions, l’histoire est terminée.

Manipulation

Les factions ennemies utilisent le lavage de cerveau pour manipuler l’autre. Nous en avons un exemple avec Un crime dans la tête de Daniel Pyne et Dean Georgaris.
Dès que la manipulation est réussie ou bien lorsqu’elle est exposée et échoue, l’histoire est terminée.

Chaque classe se décompose ensuite en quatre types. Ces types décrivent le problème qui est au cœur de l’intrigue.
Plus précisément, chaque type décrit la nature du problème qui anime chacune des lignes dramatiques.
Plus à ce sujet :
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (32)

Chaque type se décompose en quatre variations. Ces variations décrivent l’aspect thématique du problème. C’est par les variations de type que le thème est le mieux exprimé.
Les quatre variations ne sont pas disposées aléatoirement.
Considérons les quatre variations du type Obtaining de la classe Physics :

Dramatica

Et si nous considérons Morality et Self Interest, nous possédons alors la fondation pour le conflit thématique à l’œuvre dans l’histoire.

Chaque variation se décompose alors en quatre éléments de caractérisation. Ces éléments de caractérisation représentent le mieux le personnage.
Ces éléments sont les briques de base qui permettent la construction des personnages et des motivations (c’est-à-dire des problèmes) qui les animent.
Les éléments de caractérisation permettent d’établir les dimensions d’un personnage.

La classe Physics comme domaine de la Subjective Story

Si Physics est le domaine de la Subjective Story, cela implique que le personnage principal et l’Influence Character s’affrontent autour d’une activité.

L’activité en question peut être orientée vers un but ou bien quelque chose dans lequel un personnage s’engage pour sa propre gratification.
Ce pourrait même être une activité préjudiciable dans lequel un personnage s’engage volontairement pour se punir lui-même afin de soulager sa culpabilité.

Ce peut être un personnage principal et un Influence Character s’opposant pour se surpasser l’un et l’autre au cours d’une activité.
Ou bien l’un d’entre eux pourrait être favorable à l’activité et l’autre serait contre.
Quelles que soient les circonstances, cette activité est au cœur des difficultés entre eux deux et forme le sujet de l’argument passionnel de l’histoire.

La classe Mind comme domaine de la Subjective Story

Lorsque la classe Mind est désignée comme domaine de la Subjective Story, une certaine disposition d’esprit forme le champ de bataille où vont s’affronter le personnage principal et l’Influence Character.

La classe Mind illustre des attitudes figées telles qu’un préjugé, une vue politique ou religieuse. Ce peut être aussi un comportement envers un enfant ou un proche ou bien un sentiment d’inutilité.
Toutes ces attitudes sont des points de discorde ou des sujets épineux qui soulèvent immanquablement du conflit entre deux personnes.

Un motif qui décrit les problèmes survenant entre le personnage principal et son Influence Character parce que l’un d’entre eux (ou les deux) possède un certain état d’esprit dont il ne veut pas démordre représentera convenablement et efficacement le domaine Mind pour la Subjective Story.

La classe Psychology comme domaine de la Subjective Story

Lorsque la classe Psychology est domaine de la Subjective Story, cela signifie que le personnage principal et l’Influence Character divergent sur une manière de penser.

Par exemple, les répliques
– Tu réagis toujours de cette façon lorsque nous nous disputons
– Non, ce n’est pas vrai. C’est toi qui n’arrête pas de changer de sujet !
ne se réfèrent pas à une attitude mais plutôt à une manière de penser qui n’est pas appréciée ni par le personnage principal ni par l’Influence Character.

Lorsque la façon dont les personnages voient les choses devient le problème qui existe entre le personnage principal et l’Influence Character, le domaine de la Subjective Story sera la classe Psychology.


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