Dramatica

DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (31)

Continuons le chapitre 12 de la théorie narrative Dramatica.

Sommaire :
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE

A ce point, nous sommes parvenus à une compréhension plus claire du thème de l’histoire en classant le problème de l’histoire selon quatre classes (Universe, Psychology, Physics, Mind).
Voir l’article précédent

Dans nos propres vies, cependant, cela ne fournirait pas suffisamment d’informations pour clairement identifier le problème pour commencer à le résoudre et il en est de même avec le Story Mind.
Concernant le Story Mind, nous vous renvoyons à :
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (3)
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (21)

Nous avons donc besoin de creuser plus profondément et d’être plus précis si nous devons éventuellement mettre le doigt sur la source du problème de l’histoire afin de pouvoir corriger ce problème à la racine.

Pour accroître notre précision, nous pouvons subdiviser chacune des classes en différents TYPES de problèmes à l’intérieur de chaque classe.
Un peu comme les classifications en animal et végétal sont subdivisées en diverses espèces.

Dramatica

Classe Universe :

La classe Universe permet d’explorer un état de fait, un état des choses. Cet état est considéré figé comme une institution, un système ou une situation qui reste stable et inchangée. L’objet pourrait être de montrer que le système est bon, mauvais ou neutre (dans le cadre de l’histoire) mais le focus doit être sur le système et non comment le système évolue. Il faut adopter un point de vue synchronique c’est-à-dire à un moment donné de la situation.
Synonymes : une situation quelconque, un jeu de circonstances, un état des choses ou de fait, une situation embarrassante ou compliquée, un environnement ou un milieu.

Types :

Past
Le type Past illustre ce qui s’est déjà produit. Littéralement, il s’agit du passé. Pour Dramatica, la perception que nous avons du passé n’est pas immuable. Il nous arrive d’apprendre de nouvelles choses qui modifient notre compréhension des événements passés. Nous pouvons soudain saisir ce que ces événements signifient vraiment à la lumière de nouvelles informations.
Nous en concevons une nouvelle appréciation du comment les choses s’assemblent.
Une histoire qui se concentre sur le passé est bien plus qu’une documentation de ce qui s’est produit. C’est souvent une réévaluation de la signification de ces événements du passé qui mène à percevoir différemment ce qui se passe dans le présent.
Voire même ce qui se produira dans le futur.
Synonymes : Histoire (ou historicité), au temps jadis, rétrospectif.

Progress
Progress désigne comment les choses sont en train de se faire. Il se préoccupe du changement qui est en train de s’opérer dans les choses. Quelles directions prennent-elles ? Changent-elles lentement ou rapidement ?
Il n’est pas important de savoir ce qu’elles étaient, ce qu’elles sont ou ce qu’elles seront. Progress montre le combat entre l’inertie des choses et leur aptitude à changer au cours de l’histoire.
Synonymes :
– Fluidité (ce qui implique une oscillation dans la rapidité avec laquelle les choses changent).
– Progression (ou croissance), manière de procéder (ce sont des opérations en cours).
– Aller de l’avant, se développer étape par étape (ou évolution progressive).
– Mise en place (pour préparer la situation actuelle à changer).
– Une série (puisque chaque élément sériel est une progression vers un but, un peu comme une procession).

Future
Ce type concerne ce qui se produira ou ce qui sera. Une histoire qui se concentre sur le futur s’engage elle-même sur ce qui sera.  Cela ne signifie pas que l’histoire doit se situer dans le futur obligatoirement. Mais seulement que l’état futur de problèmes externes ou internes est le sujet dont l’histoire se préoccupe.
Un personnage centré sur Future peut vouloir tenter de découvrir ce qu’il deviendra (gardez à l’esprit qu’un personnage et particulièrement le personnage principal est un projet, un personnage en devenir) ou bien encore tenter d’accomplir (de parvenir) à une situation particulière plus tard.
Du point de vue de l’histoire comme de celui du personnage, la fin est plus importante que le présent bien que cela n’en justifie pas toujours les moyens.
Synonymes : Ce qui est à venir, ce qui sera, être à la recherche de.

Present
Present
décrit la situation ou les circonstances présentes. Ce type décrit comment les choses sont ici et maintenant. C’est une image de ce qu’elles sont à cet instant et non pas l’image quelconque prise dans un mouvement d’avant et d’après. Ce qui compte, c’est le moment présent.
C’est un jugement de la situation actuelle, de son ordonnancement et des circonstances  qui l’entoure.
Une histoire qui se concentre sur le présent n’est pas concernée par comment les événements du passé (Past) ont mené à la situation actuelle et pas plus vers quoi la situation actuelle peut mener (Future).
Present définit la situation qui existe à un moment donné.
Synonymes : Où en est-on ? ; Ici et Maintenant ; la situation courante (à ce moment)

Classe Mind :

La classe Mind décrit une attitude figée. Ce peut être un penchant ou un parti-pris, un préjugé ou même une opinion positive sur n’importe quoi (le préjugé étant considéré comme une opinion négative). La clef est que cette attitude est fixe, c’est-à-dire qu’elle est acceptée comme un donné et en tant que tel, elle ne sera pas réévaluée.
Souvent le domaine où s’exerce cette classe (en d’autres termes, le contenu narratif spécifique à cette classe) est représenté par un groupe de personnages qui ont un à priori négatif sur quelque chose ou au contraire une attirance commune pour quelque chose.
Synonymes : un état d’esprit,  une manie, une prise de position sur un problème quelconque, une disposition ou une tendance.

Types :

Memory
A considérer comme des réminiscences. Alors que Past est une vue objective sur ce qui s’est passé, par contraste, Memory porte un regard subjectif sur ce qui s’est passé. Par conséquent,  les réminiscences ou souvenirs d’événements varient selon les individus ce qui crée de nombreuses réminiscences possibles et souvent conflictuelles entre elles.
Souvent, nos sentiments actuels se fondent sur nos souvenirs, les bons comme les mauvais. Les histoires les plus intenses tournent autour des efforts d’un personnage pour résoudre les problèmes qu’il garde en lui comme des souvenirs ou réminiscences. C’est sous cet aspect qu’il faut comprendre la blessure fondamentale qui apparaît dans la construction du héros. Et lorsqu’il est mentionné ailleurs dans Scenar Mag des allusions au passé du personnage (sa biographie) qui a fait de lui ce qu’il est lorsque nous le découvrons dans l’histoire, pour Dramatica, il s’agit de ce type désigné par Memory et non par Past de la classe Universe.

Preconscious
Dramatica désigne sous ce vocable les réponses immédiates, les réactions émotionnelles (par nature irraisonnées). Inhérente à l’esprit, une base instinctuelle de réactions et d’attitudes (pulsions et compulsions) ne peut être altérée mais simplement équilibrée.
Lorsque le problème d’une histoire porte sur l’incapacité de la nature essentielle d’un personnage dans son rapport à une situation donnée ou à un environnement, le type de problème central est ce que Dramatica nomme Preconscious.
La solution réside alors chez le personnage lui-même qui doit s’adapter soit en retenant ses tendances, soit en développant des méthodes afin d’améliorer ses points faibles : se forcer à faire preuve de bon sens, à ouvrir les yeux ou bien développer de nouvelles compétences afin de mieux se saisir de la réalité qui l’entoure ou encore dompter ses émotions ou faire preuve d’une compréhension nouvelle.
Synonymes : Sans réflexion, élan, impulsion, spontanéité

Subconscious
Ce sont les besoins et désirs fondamentaux. Subconscious illustre la fondation essentielle d’un personnage. Ce sont des choses si profondes que le personnage n’en est souvent pas conscient. Il ne connait pas vraiment ce qui se passe en son for intérieur.
C’est ce qui lui permet de réagir de toutes les fibres de son être sans qu’il puisse vraiment s’expliquer pourquoi.
Synonymes : Libido, Anima, Animus, Motivations basiques, identité.

Conscious
Lorsque le personnage considère les choses, lorsqu’il a tous les faits et toutes les conséquences à la fois positives et négatives et que malgré cela, malgré qu’il soit conscient des conséquences les plus négatives, il décide cependant de suivre la pire voie, de prendre les décisions les plus terribles qu’il soit, il y a définitivement quelque chose qui sonne faux dans le cheminement qui a mené le personnage à de telles conclusions.
Des conclusions qui l’ont fait agir contre son intérêt, prendre de mauvaises décisions.
Conscious n’illustre pas le fait de bien mal choisir mais que le personnage prend conscience de ses erreurs. La clef ici n’est pas de redéfinir qui est le personnage mais de le mener à réapprendre à considérer une situation ou un problème afin que les conclusions auxquelles il aboutira soient moins destructives à la fois pour lui-même et les autres.
Synonymes :
– Une perception plus lucide, plus sensible.
– Une conscience plus aiguë des faits, une aptitude à évaluer plus justement les choses.
– Méditation.

Classe Physics :

Cette classe décrit une activité. Elle illustre l’action. Alors que la classe Universe décrit une situation figée (à un moment donné), la classe Physics est une classe de dynamiques, c’est-à-dire de mouvements.
Le frottement entre les diverses actions crée une dialectique c’est-à-dire que l’interaction des intersubjectivités (comme les choix faits par les personnages) induit un changement.
Les situations évoluent, se développent et finalement, changent.
Les activités consistent en un engagement du personnage ce qui se traduit concrètement par des efforts consentis, une volonté de faire, d’agir selon un objectif.
Synonymes : un esprit d’initiative, une opération (processus en cours).

Types :

Understanding
Understanding décrit l’aptitude à apprécier (il y a donc un effort à faire dans ce but) la signification des choses. Il faut distinguer la connaissance des choses de la compréhension de ces choses.
Connaître les choses, c’est rechercher la sagesse par la conscience des choses. Comprendre les choses, c’est appréhender la signification des choses. Nous n’atteignons pas nécessairement à la sagesse lorsque nous comprenons comment fonctionne les choses. Cela ne mène pas à la vertu.

Pour comprendre la matière, il faut se saisir de ce qui constitue la substance de la nature d’une chose. Il faut aussi connaître les conditions de sa survenue, c’est-à-dire dans quel contexte l’essence d’une chose s’inscrit.
Supposons une idée pour une histoire. Je considère l’histoire comme une chose et l’essence de cette chose est l’idée. Pour exprimer mon idée, il me faut expliquer le contexte dans lequel je vais pouvoir la déployer. Mais expliquer n’est pas suffisamment dramatique. Je vais donc décrire une situation contextuelle. Ce peut être par exemple une période de guerre, un divorce, une perte quelconque, un chagrin d’amour…

Understanding va alors me permettre la même chose auprès d’un personnage qui doit non seulement définir ce qu’est une chose comme par exemple, la femme du héros le trompe.
Le héros va dépasser ses émotions. Il va en quelque sorte totaliser toutes les informations à sa disposition, c’est-à-dire qu’il tiendra compte de ses tords ainsi que des comportements de sa femme qui ont pu créer en lui une certaine distance qui a abouti en fin de compte au drame.
Understanding lui permet donc d’avoir une vision globale de la situation, de prendre en compte tous les éléments qui la constituent.

La signification d’une chose peut se réduire à sa fonction et à son but. C’est ainsi que si vous reprenez les archétypes définis par Dramatica Reason et Emotion, l’archétype Reason pourra prendre à sa charge de définir la fonction d’une chose et l’archétype Emotion en déterminera la finalité.
La présence de Emotion rend le  processus beaucoup plus subjectif et l’interprétation qui est faite de la signification de la chose vient s’opposer à la fonction de celle-ci observée objectivement par l’archétype Reason.

Ainsi les deux personnages qui empruntent des traits de caractère à l’un ou l’autre des archétypes pourront se retrouver en conflit sur la signification et la portée de la chose dans le cours de l’intrigue.

Pour une introduction aux personnages archétypaux :
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (6)

Il est intéressant de noter que les attributs, les qualités, les caractères d’une chose (repérés par l’archétype Reason) et l’empathie que ressent le personnage qui s’inspire de Emotion envers une chose, bien que cela établisse une relation conflictuelle entre eux, permet de ne faire plus qu’un avec une chose.
Par exemple, votre personnage principal pourrait alors, grâce à son interaction avec les deux autres personnages, intégrer une situation et faire avancer l’intrigue en prenant une décision mûrie par ce qu’il a compris.
Et tant que cette unité n’est pas réalisée, on ne peut pas comprendre le sujet dont on se préoccupe.

Quelques exemples donnés par Melanie Anne Philips :

La Maison de Poupée de Henrik Ibsen
Nora s’assure que son amie d’enfance Kristine comprenne que Nora n’est pas la femme superficielle qu’elle semble être mais une femme forte qui a su utiliser son intelligence pour sauver son mari.
Krogstad est soucieux que Kristine comprenne par où il est passé après qu’elle l’est éconduit il y a longtemps déjà.
Le docteur Rank, secrètement amoureux de Nora, lui envoie  une de ses cartes avec une croix noire afin qu’elle comprenne que le processus de la mort a commencé pour lui.
Et le mari de Nora, Torvald, ne peut pas comprendre le geste de sa femme bien qu’il se déclare amoureux d’elle.

Candida de George Bernard Shaw
Eugène Marchbanks, poète de son état, est amoureux de Candida. Il estime qu’elle mérite mieux que la complaisance que son mari lui concède. Il est important pour lui que Candida l’apprécie (donc qu’elle comprenne son amour) mais fait en sorte aussi que Candida ait conscience qu’il la comprend.

Il ne peut pas comprendre comment l’objet de son désir peut aimer un hâbleur comme le révérend James Mavor Morell, le mari de Candida.

Eugène, cependant, comprend que Proserpine, la secrétaire de Morell, est amoureuse du révérend.

Doing
Faire littéralement. Doing illustre le fait de s’engager dans une activité physique. C’est l’illustration du processus d’être physiquement actif.
La finalité de l’action engagée n’est pas le sujet de Doing.
Doing
indique seulement qu’une action se fait ou va se faire. C’est un processus, une tâche à accomplir et que l’on va exécuter, un effort qui décrit l’agir d’un personnage.
Cette action entreprise peut l’être par plaisir ou par nécessité ou simplement une compulsion.
Synonymes : exécuter, agir.

Obtaining
Ce type de problème consiste à achever ou à obtenir quelque chose. Il s’agit donc soit d’une possession, soit d’une réalisation. Ce peut être par exemple obtenir un diplôme ou bien recouvrer l’amour d’un parent perdu pour quelques raisons.
Ce peut être aussi une question de conditions (que ce soit un statut social, une promotion, une victoire qui change le quotidien…).

Un personnage qui parvient à reprendre le contrôle de sa vie est illustré par Obtaining. Qu’il se réfère à un état mental ou physique ou bien un processus, Obtaining décrit le concept d’accomplissement, de réalisation, de l’obtention de quelque chose.
Le fait de conserver quelque chose, de maintenir un statut ou un état est aussi illustré par Obtaining.

Learning
Ce type décrit l’expérience acquise (qui peut être aussi des informations). C’est un processus d’acquisition de connaissances. Ce n’est pas la connaissance elle-même. Ni l’expérience.
Connaissance et expérience sont des effets, des conséquences, des résultats d’un apprentissage. Ce que décrit Learning, c’est le moyen de cet enseignement, de cette formation ou initiation.

Lorsqu’une partie de l’histoire se concentre sur cet apprentissage ou éducation d’un personnage, ce sont les modalités de cette formation qui sont mises en avant, pas la formation elle-même.
Par ailleurs, cette initiation ne nécessite aucune condition préalable. La vie est faite d’expériences dont nous apprenons tous sans que nous ayons à suivre un parcours universitaire. Par exemple, n’importe qui pourrait être touché par la lecture des Évangiles et vivre une expérience dramatique comme une sorte de révélation. Cette expérience devient alors comme une connaissance.

Learning, dans ce cas, fait la démonstration de cette illumination. Il ne décrit pas la lumière que semble dorénavant porter le personnage comme un limbe. Celle-ci sera décrite dans les comportements et attitudes ultérieures du personnage.

Learning peut décrire comment un personnage parvient enfin à exprimer ses sentiments ou bien comment il est amené à comprendre le vrai sens de l’amour, par exemple.
Il n’est même pas nécessaire que de nouvelles informations parviennent au personnage pour que soudain, il comprenne certaines choses. Ses pérégrinations au cours de l’histoire lui ont déjà donnée nombre d’informations dont il n’a peut-être pas su appréhender la portée.

Maintenant, si sa situation actuelle lui permet de voir les choses sous une nouvelle perspective ou bien s’il approche les choses différemment, les informations qu’il a en sa possession peuvent s’éclairer d’un jour nouveau et lui permettre d’apprendre certaines choses.
Que le personnage parvienne à certaines conclusions, à une compréhension particulière de la situation ou bien qu’il se contente d’amasser en quelque sorte des données sans en tirer le moindre profit (dans ce cas, ces informations seraient plutôt destinées au lecteur) importe peu. Car ce qui compte dans Learning, c’est le processus qui consiste à collecter des informations. Ce qui est fait ensuite des informations est laissé à la discrétion de l’auteur.

Classe Psychology :

La classe Psychology corresponds à une manière de penser. Cette classe est le domaine exploratoire de l’évolution ou du changement d’une attitude contrairement à Mind qui décrit la nature d’un état d’esprit figé.
C’est en quelque sorte un débat entre les personnages ou chez un seul personnage en vue de prendre une décision, de faire un choix, d’agir. Le focus n’est pas sur l’attitude elle-même. La classe Psychology n’est pas une critique. Elle pointe sur la qualité de l’évolution : est-ce pour le mieux ou pour le pire ?
Synonymes : un processus de réflexion, une activité de la psyché des personnages, une manipulation d’autrui.

Types :

Conceptualizing
Conceptualizing consiste à visualiser comment une idée pourrait être réalisée, comment la théorie peut devenir pratique.
Il n’est pas suffisant d’avoir une idée si celle-ci ne devient pas action. Néanmoins, avant de la concrétiser, il faut penser la manière de la faire. Il faut développer un paradigme mental qui sera suivi pour rendre manifeste l’idée. Un auteur suit une démarche similaire lorsqu’il conceptualise son idée avant d’utiliser des mots (et de prendre la responsabilité des mots choisis) pour mettre au jour son idée.

Encore plus concrètement, il va imaginer tous les éléments (intrigue, lignes dramatiques, personnages…) essentiels à la compréhension de cette idée spécifique qu’il a en tête.
Un personnage qui a affaire à Conceptualizing sera bien conscient du type de solution qu’il doit mettre en place pour solutionner son problème mais passera son temps à essayer de concevoir cette solution. Et cela peut prendre un temps fou !
Synonyme : Envisager

Being
C’est un mode d’être comme par exemple adopter un style de vie (même s’il est temporaire). Le terme être est employé dans de nombreux contextes (philosophie, psychologie…). En littérature, nous pouvons considérer qu’il décrit les conditions actuelles d’exister d’une certaine manière (ce qui rejoint la définition d’un mode d’être).
Il faut comprendre que qui que ce soit ou quoi que ce soit qui est (du moins dans les histoires) apparaît ainsi selon sa véritable nature.
Mais Being décrit d’abord une persona (c’est-à-dire une image de ce que l’on apparaît au regard des autres). Peut-être est-elle notre véritable nature mais en fiction, elle est plutôt un moyen de défense face au monde.
Being devient donc une apparence qui ne reflète pas nécessairement ce qu’est véritablement cet être humain particulier ou spécifiquement cette chose.

Ce type de problème peut alors permettre à un auteur de justifier le comportement d’un de ces personnages qui peut sembler aberrant dans un premier temps mais qui prend soudain du sens lorsqu’on l’explique par la persona (que décrit Being).
Le personnage peut aussi avoir la volonté de tromper. Néanmoins, la persona n’est souvent pas maîtrisée par le personnage.

Et tant que l’auteur n’aura pas dévoilé les précieuses informations sur le passé du personnage (qui explique la persona), le personnage tant aux yeux du lecteur qu’à ceux des autres personnages sera considéré être ce qu’il apparaît être.

De nombreuses histoires se concentre aussi sur un personnage qui aimerait être autre mais sans jamais le devenir. Pour Dramatica, être cet autre exige cependant que tous les éléments qui font cet autre soient déjà présent en soi-même. En d’autres termes, on doit posséder toutes les caractéristiques qui peuvent faire de nous un autre même si l’on n’a pas conscience que l’on a déjà en nous ces éléments. En niant la phrase précédente, j’écris qu’il n’y a pas d’éléments en nous qui ne soient pas déjà dans l’autre, c’est-à-dire dans le devenir de nous… ou du personnage.
Synonyme : prétendre, apparaître, sembler, tenir un rôle

Becoming
C’est transformer sa nature. C’est le type de problème dont Becoming s’occupe.
Becoming, c’est retrouver son identité. C’est être un avec sa véritable nature (si l’on se borne à la fiction). Being consiste à poser, à paraître. Pour Dramatica, la différence avec Becoming est que Being se contente de mimer des traits de l’autre qu’aspire à devenir un être (humain ou de fiction).
D’un point de vue moins resserré, on peut considérer que tout être est un projet. Ce qui nous rapproche assez de la définition du Dasein de Martin Heidegger et de la pensée de Sartre.

Becoming implique de perdre toutes ces parties de nous-mêmes qui sont incohérentes avec cet autre que nous voulons devenir. Abandonner une part de soi-même est toujours une tâche difficile et cela peut expliquer (selon Dramatica) pourquoi un personnage passe autant de temps à prétendre (Being) sans jamais devenir (Becoming).
Devenir autre, c’est comme incarner son véritable être, sa véritable identité.
Synonyme : intégrer sa véritable nature, se réaliser, changer.

Conceiving
Cela consiste à avoir une idée. Conceiving décrit le processus qui permet d’aboutir à une idée. S’il manque quelque chose dans le monde, on pourrait ainsi avoir l’idée de le combler. De concevoir quelque chose pour remplir cette absence.
Ce qui différencie Conceiving de Conceptualizing, c’est que Conceptualizing revient à améliorer une idée qui a été préalablement conçue. Comme si on cherchait à étendre un concept afin de dépasser l’idée qui est à son origine. Mais l’idée qui est à la base du concept doit être d’abord inventée. C’est cela qu’illustre Conceiving.

En fiction, une technique dramatique commune consiste à permettre à un personnage d’avoir une idée assez précise de la solution au problème de l’histoire. Mais tant qu’il n’aura pas développé cette idée (c’est-à-dire la conceptualiser afin de déterminer un plan d’action, en somme la théorie mène à la pratique), il ne réalisera pas qu’il a la solution à portée de main.
Conceiving dans ce cas relate la prise de conscience  du besoin pour une solution particulière. L’idée est déjà en place mais le personnage n’est pas encore assez mûr (il n’a pas appris suffisamment de ses tribulations à travers l’intrigue) pour réaliser qu’il avait déjà la solution au problème de l’histoire.
En somme, Conceiving définit la question et Conceptualizing clarifie la réponse.
Synonymes : Créer, inventer, concevoir, engendrer, initier

Maintenant que nous avons fait le tour des types de problèmes, nous reprendrons la suite du chapitre 12 dans le prochain article.

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