Concept

UN CONCEPT EFFICACE POUR UNE HISTOIRE

Nous avons vu dans l’article précédent qu’un concept n’est pas l’idée, ni la prémisse et encore moins le thème d’une histoire potentielle.

Ce dont il faut s’assurer, c’est de savoir si le concept qui nous anime est suffisamment original c’est-à-dire si l’interprétation singulière que nous faisons d’un sujet permet de le distinguer de toutes les approches qui ont pu en être faites bien avant nous.
Par exemple, que pourrions-nous ajouter sur le plan conceptuel au mystère d’un meurtre ?
Ou bien, dans un autre genre, à une romance ?

Le genre est un horizon d’attente pour le lecteur

Lorsqu’on aborde un genre, nous nous mettons dans une situation de communication particulière avec le lecteur. Une histoire policière ou d’horreur ou bien une romance suggèrent certaines expectations de la part du lecteur.
Et il est préférable d’y répondre au risque de la frustration de celui-ci.

Pour marquer notre différence, il faut creuser plus profondément dans le genre pour l’atteindre au niveau conceptuel. Tout en ne perdant pas de vue que nous écrivons une histoire, c’est-à-dire que celle-ci est dramatique par nature et que nous devons la rendre moins prévisible que le genre choisi ne le laisse entendre.

En fait, si l’auteur décide d’écrire une aventure, il faut faire en sorte que cela en soit une que le lecteur n’a pas encore lu ou vu.
Ecrire un certain type d’histoire est une idée. Lorsqu’un avocat célèbre a été assassiné et que l’on soupçonne sa femme, cela n’est rien d’autre qu’une idée pour une éventuelle histoire.
Mais cette idée ne promet rien.

Pour qu’une idée devienne conceptuelle, il faut l’approfondir. Considérons encore une histoire de meurtre. Mais cette fois, ce meurtre est une affaire classée depuis de nombreuses années qui refait soudain surface en interpellant le personnage principal.
Celui-ci (après l’incident déclencheur qui lui a permis de prendre conscience de cette affaire non résolue) va découvrir des indices qui vont pointer vers des preuves que les autorités de l’époque ont détournées et, ce faisant, ont accusé du meurtre un innocent qui n’a jamais cessé de clamer son innocence.
Et cette fois, nous avons été au-delà de l’idée pour en faire un concept. Mais ce n’est pas encore une prémisse. Celle-ci a pour fonction de décrire ce qui se passera dans l’histoire en désignant certes le personnage principal mais aussi son antagonisme et la nature du conflit potentiel.

Quant au thème principal, il pourrait être celui du pouvoir violant les lois et la responsabilité de l’individu censurant cet acte malgré les conséquences que cet engagement implique.

Le thème émerge du concept

Une histoire est riche non seulement par son concept mais aussi par les thèmes qu’il suggère. Vous l’avez compris, une idée ne peut être un concept. Mais l’intérêt du concept est qu’il peut, contrairement à l’idée, offrir l’opportunité de revisiter un thème ou une prémisse déjà vus par ailleurs.

C’est par le concept que l’on peut créer du nouveau. Le concept est en mesure d’apporter du nouveau mais il ne faut se fier totalement à lui pour écrire une histoire qui intéresse le lecteur. D’autres critères sont nécessaires mais autant considérer que le concept est la source principale d’originalité d’une histoire.
Etablir le concept avant le processus d’écriture facilite grandement le travail par la suite. Ensuite, le personnage principal devra être motivé. Il doit se retrouver dans une situation qui l’incite à agir. Même s’il subit les affres de l’adversité au plus jusqu’au point médian de l’histoire, cette somme de difficultés le forcera non plus à réagir aux événements mais à les initier.

Et le héros doit avoir aussi un objectif ou bien un problème à surmonter. Tout ceci vient se greffer sur le concept. En quelque sorte, le concept serait comme une pièce vide que vous meublerez d’éléments dramatiques. Ou alors l’idée est quelque chose d’obscure que le concept viendra éclairer.

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