Archives de catégorie : Le personnage

SHONDA RHIMES & SES PERSONNAGES

Pour qu’ils paraissent authentiques et sincères, Shonda Rhimes s’inspire de la vie personnelle et intime de personnes bien réelles lorsqu’elle fait agir et penser ses personnages. Elle a besoin de connaître personnellement des personnes réelles afin qu’elle puisse penser sereinement ses personnages en empruntant (et parfois enjolivant) des traits de la personnalité de personnes réelles.

D’où la nécessité pour elle de connaître intimement ces personnes afin d’en tirer l’authenticité dont elle revêt ensuite ses personnages. Notez que cette intimité peut être atteinte autrement que de côtoyer physiquement une personne.
De nombreuses biographies sur un personnage historique, s’imprégner si possible des lieux où ce personnage vivait, chercher des témoignages de ceux qui ont connu une personne directement ou indirectement peut permettre d’affouiller les apparences et de toucher du cœur et de l’âme une personne que l’on ne connaît pourtant pas personnellement.

C’est en recopiant les paroles et les gestes des gens qu’elle observe que Shonda Rhimes peut donner à ses personnages l’aspect authentique d’une vie. Son inspiration est la vie.

L’expérience qu’elle fait au quotidien des personnes qui l’entoure, ou bien lorsqu’elle se lance dans une recherche curieuse sur des personnes qu’elle ne connaît pas au point que celles-ci en deviennent comme des êtres familiers, lui permet de créer des personnages en maîtrisant non seulement l’impression qu’ils offrent aux regards d’autrui (et du lecteur/spectateur) mais aussi d’aller au-delà de cette opacité pour découvrir une nature profonde qu’elle saura décrire en faisant prendre à ses personnages des attitudes, des comportements, des postures et des décisions les plus précises et conformes à cette nature.
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SHONDA RHIMES : IDÉE & INSPIRATION

Les auteurs sont toujours sollicités à expliquer d’où viennent leurs idées, d’où ils puisent leur inspiration. Ils ne possèdent pas vraiment de réponses. L’inspiration de Shonda Rhimes provient de tout (et je dirais même de rien).

Une conversation banale, quelque chose qui bouleverse ou contre lequel on s’insurge, un détail relevé… et l’inspiration surgit.

Il est inutile de chercher à comprendre l’inspiration. L’idée serait l’aboutissement d’un processus simple. D’abord, une petite étincelle puis peut-être par association quelque chose s’imposera et ce quelque chose lui-même invitera d’autres éléments jusqu’à ce qu’à la manière du ru se faisant aussi gros que le fleuve, une idée d’un roman ou d’un film en devenir s’impose à nous.

On peut considérer qu’une idée est le résultat d’un travail de gestation plus ou moins long. Une idée est comme un bouquet luxuriant dont on serait presque surpris de savoir qu’il provient d’une simple graine.
En fait, c’est envers cette simple graine qu’il faut se montrer attentif. Parce que tous les bouquets ne sont pas prêts à être des scénarios (de films ou de séries).
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AMENER LES PERSONNAGES A LA VIE

Pour Margaret Atwood, amener les personnages à la vie se fera par les détails. C’est-à-dire que principalement, ce sera leur manière de se comporter quelles que soient les circonstances dans lesquelles ils seront jetés, qui donnera ce souffle vital à des personnages de fiction.

Les actions révèlent les personnages

Un personnage est défini par ce qu’il lui arrive. Autrement posé, son interaction avec les événements nous permettra de comprendre qui est ce personnage. Certaines descriptions comme les tenues vestimentaires ou bien ce qu’ils possèdent peuvent donner quelques indications sur les personnages mais l’interaction avec le monde extérieur, les décisions qu’ils prennent, les gestes qu’ils accomplissent, l’intersubjectivité qui existe forcément entre deux personnages (et en particulier comment le regard des autres personnages va bien au-delà du simple jugement), tout cela est comme dans la vie réelle.

Lorsqu’il prend en charge ses personnages, l’auteur ne fait que reproduire les sons, les mouvements, les gestes de personnes réelles. C’est cette imitation, cette recopie d’une réalité psychologique, d’actions logiques qui apporte la nécessaire crédibilité vitale aux personnages de fiction.

Cette crédibilité est ce qui explique pourquoi nous changeons, comment nous pouvons nous révéler à nous-mêmes (car le regard de l’autre nous aide à lever le voile obscur qui nous cache à nous-mêmes) et enfin de présenter aux autres notre véritable nature et non plus cette persona, cette apparence d’un personnage que nous interprétons selon un rôle social qui ne nous correspond décidément pas.

Cette façon de voir ses personnages est intéressante parce qu’elle implique que pour permettre à un lecteur/spectateur de comprendre à qui il a affaire, les personnages devront être dans des situations signifiantes.
Pour que le personnage révèle une facette de lui-même, en communiquant une information qui doit émaner de sa présence pour permettre de mieux le comprendre, il faut le mettre en situations.
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LES AUTRES PERSONNAGES

Vous avez travaillé votre personnage principal, définis ses qualités, ses peurs et ses faiblesses. Vous savez quels seront les obstacles qu’il devra confronter essentiellement incarnés par l’antagoniste.

Il est donc temps d’inventer d’autres personnages. L’expression de personnages secondaires est un peu méprisante car ils sont loin d’être secondaires dans une histoire et en assurent des fonctions indispensables.

Parmi les fonctions, il y a souvent ce personnage qui accompagne le héros dans ses pérégrinations ou qui le prépare à vivre cette errance que sera l’intrigue de votre récit. Ce personnage est considéré comme une sorte de mentor, de précepteur, de guide.

C’est comme s’il possédait une sagesse que le personnage principal n’atteindra pas avant le dénouement (s’il y parvient).

Dans un thriller, le parcours de l’intrigue est labyrinthique. Probablement, en est-ce une marque distinctive.
Même s’il possède une certaine expérience, le héros du thriller se sent souvent désarmé face à ce monde nouveau dans lequel il est soudain jeté.

On imagine aisément comment la présence d’un mentor peut être réconfortante. Mais bien plus que cela, elle donne un accent de vérité à l’intrigue. Lorsqu’on écrit un thriller, il faut être pragmatique. La présence de cet autre personnage auprès du personnage principal, qu’elle soit celle d’un mentorat assumé ou plus discret, consiste pour Dan Brown à compléter en quelque sorte son héros qui ne peut être, pour des raisons évidentes de vraisemblance, un être parfait.

Sophie Neveu du Da Vinci Code par exemple est une cryptographe, une qualité que ne possède pas Robert Langdon et qui s’avérera nécessaire à l’avancée de l’intrigue.
Vittoria Vetra dans Anges et Démons apporte à Langdon une certaine confiance de soi qui lui fait défaut.

Il importe de différencier clairement ce personnage qui accompagnera le héros au cours de son aventure. Cela ne servirait d’ailleurs pas votre histoire si vous mettiez en place des points d’entente entre ces deux personnages. Dans une œuvre de fiction, le maître mot est le conflit. Il y a du conflit dans tout et en tout.
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LE MÉCHANT ET LE HÉROS

Choisir le héros qui convient bien au monde

Maintenant que vous vous êtes décidé pour un monde et ce peut être n’importe quel monde comme un combat idéologique entre la science et la religion.
Tant que ce monde agit comme un support spatial et temporel, circonstanciel.

Ce monde est le Setting the stage des anglo-saxons. Il prépare le terrain, il jette les bases, il plante le décor, dit autrement, il installe les choses qui agiront et réagiront avec vos personnages qui agiront et réagiront aux choses et aux uns avec les autres en retour.

Ce monde mis en place, une question fondamentale se soulève. Il faut maintenant peupler ce monde avec vos personnages.
HérosDan Brown dont nous suivons les conseils depuis quelques articles ne cache pas qu’il prend beaucoup de plaisir à inventer ces êtres de fiction qui l’accompagneront longtemps.

Et précisément parce que vous allez passer du temps avec eux, il est préférable qu’ils soient des gens plutôt intéressants. Spécialiste du thriller, on pourrait croire que les personnages de Dan Brown sont très spécifiques à son genre d’excellence.
Détrompons-nous, répond Dan Brown, les personnages de thriller sont les mêmes que l’on rencontre dans toute œuvre de fiction.

On entend souvent qu’une histoire, c’est essentiellement placer une personne ordinaire dans des circonstances extraordinaires. Cette rapide définition s’applique aussi au thriller. Rien de nouveau donc sous le soleil et c’est tant mieux.

Ce qu’il faut, c’est choisir un héros ou un personnage principal qui correspondent bien au monde dans lequel vous allez les jeter. Que cela signifie t-il ? Rien de bien compliqué.
Votre monde dépeint l’archéologie sous-marine ? Votre héros ne peut alors être un expert-comptable. Il peut être un plongeur, un historien, un richissime chef d’entreprise à la recherche de Atlantis mais il ne peut décidément pas être un expert-comptable. Car cet attribut ne correspond pas au monde.

Le héros d’une fiction doit avoir des raisons légitimes d’appartenir à un monde avec lequel il sera souvent en conflit. Cette appartenance se définit par une sorte d’expertise, d’habitude, d’expérience ou encore de souvenirs avec ce monde.
Terre-à-terre, Dan Brown dit que si votre monde se situe dans le monde des services secrets, autant que votre héros s’y connaisse un tant soit peu dans l’espionnage ou dans ce qu’on appelle d’ordinaire, le renseignement.

Car il y va de sa crédibilité auprès du lecteur. Notez que cela s’arrête souvent là. Ce n’est pas parce que votre héros est un spécialiste des virus informatiques que toute votre histoire s’engouffrera dans la quête et la destruction des virus informatiques. Cette quête et cette destruction seront la toile de fond. Et sur cette toile, on dessine ce que l’on veut.
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