6 OBSERVATIONS A PROPOS DE LA COMÉDIE

La comédie est un sujet complexe. Il y a plusieurs façons de l’approcher. Cet article va tenter de rapporter les 6 observations les plus communes sur la comédie qu’un auteur pourrait méditer s’il lui prend l’envie d’écrire en ce genre.

La comédie est un moyen de voir le monde

Des psychologues ainsi que des scientifiques s’accordent sur le fait que chacun d’entre nous ont tendance soit à avoir une vue plutôt amusante de la vie, soit à manquer de ce recul.
Et nous serions déterminés dans l’une ou l’autre de ces options.

Le rire possède l’énorme avantage de nous soulager, ne serait-ce que temporairement, de nos peines. Dix minutes de rire agissent comme un anesthésique qui nous libérerait de nos maux. Et ceux qui savent rire vivraient plus longtemps.
Le rire nous aide à surmonter les épreuves parce qu’il élimine instantanément nos peines.

La comédie est un jeu

Voici ce qu’écrivait l’historien Johan Huizinga :
Le jeu est une action qui se déroule dans certaines limites, de lieu, de temps et de volonté, dans un ordre apparent, suivant des règles librement consenties, et hors de la sphère de l’utilité et de la nécessité matérielles. L’ambiance du jeu est celle du ravissement et de l’enthousiasme, qu’il s’agisse d’un jeu sacré, ou d’une simple fête, d’un mystère ou d’un divertissement. L’action s’accompagne de sentiments de transport et de tension et entraîne avec elle joie et détente.

La comédie partage cette définition parce qu’elle est une forme d’activité dans laquelle les individus ne se sentent pas menacés. Parce que toutes les formes de jeu (et la comédie en est une) ont leurs limites et celles-ci doivent être suivies pendant toute la durée du jeu.

La comédie embarque avec elle l’imaginaire et un aspect festif. Elle rappelle par bien des côtés l’esprit du carnaval avec des participants qui s’amusent et qui ne se sentent nullement menacés (ne serait-ce que pointés du doigt socialement) parce qu’ils jouent au gré de leur imaginaire.
Le carnaval n’est pas un spectacle. On le vit. Et tout le monde aime y participer parce que l’idée même du carnaval nous saisit et nous arrache au quotidien.

D’ailleurs, l’origine latine possible du mot comédie serait comus, un terme qui insiste sur l’idée essentielle de renaissance et de renouveau. C’est-à-dire lié aux festivités qui célèbrent le retour du printemps.

La tragédie et la comédie sont proches

Et leurs chemins se croisent souvent. Platon dans Le banquet fait dire à Socrate et à Aristophane d’un commun accord que les moments comiques et dramatiques sont très proches les uns des autres dans la vie.
C’est ainsi que l’on peut accepter sans sourciller dans La vie est belle de Frank Capra (1946) que George Bailey souhaite se donner la mort la veille de Noël. Mais il est sauvé par Clarence, un gentil ange envoyé du ciel. Clarence d’ailleurs ne sauvera pas seulement George, mais aussi sa famille, la ville et l’esprit de Noël dans un merveilleux Happy Ending on ne peut plus festif.

Ce qui diffère la comédie de la tragédie est que cette dernière se concentre sur l’individu alors que la comédie met l’emphase sur le social. Par exemple, la comédie se moquera de la virilité alors que la tragédie cherchera à l’ennoblir.
La comédie offre cependant la particularité de mêler allégrement d’autres genres tels que la biographie ou l’horreur et même le thriller.

La comédie implique une relation particulière au lecteur

Directement ou indirectement, la comédie abat le mur qui sépare le lecteur de la fiction. Un peu comme le fait le regard caméra qui appuie sur l’aspect ludique de la fiction ou met en place une sorte de stratagème impliquant le lecteur.

Cela implique le lecteur dans la situation, le faisant participer directement au rire généré par celle-ci. Comme si la présence du lecteur était nécessaire à la comédie alors qu’une tragédie ne peut accepter l’intrusion du lecteur. La tragédie dépend seulement de sa narration.
Au théâtre, la comédie interpelle souvent le spectateur soit du haut de la scène soit par la déambulation de l’un des comédiens parmi les spectateurs.

Rien n’est sacré ni trop humain pour la comédie

La censure trouve son chemin dans des raisons politiques, sociales ou religieuses. A travers le temps, les auteurs ont toujours eu à faire face aux censeurs.
Et pourtant, toute chose ou tout individu est toujours une cible potentielle pour le rire. Que ce soit par la satire, la parodie ou par une célébration déjantée de la vie.

L’humour peut-il célébrer que rien n’est interdit ? c’est la sempiternelle question du doit-on rire de tout ! Pourtant, ce peut être un rire tout à fait accepté et salvateur comme dans La vie de Brian des Monty Python.

La comédie est un des plus importants moyens lorsque la culture se parle à elle-même d’elle-même

Le succès de la comédie est certain même si cette production est habituellement sous-estimé par la critique, elle est acclamée par ses lecteurs. Dans toute nation, les peuples aiment rire d’eux-mêmes.


 

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